Essayez de voir ce petit bijou qui rend hommage à notre grand bijou national : Paolo Conte.
Certes, il y a un certain avantage à avoir un certain âge. Par exemple, quand un film sur Paolo Conte sort dans les salles, tout le monde le connait, et même si vous ne l’aimiez pas (ce qui serait un péché grave), on ne peut que constater qu’il a ponctué notre vie d’émotions très spéciales, uniques, douces-amères.
Conte, ce nom est aujourd’hui de grande actualité, mais avec le prénom Paolo devant, il prend tout une autre profondeur historique capable de retracer l’Italie de l’après-guerre jusqu’à nos jours. L’Italie de la misère et de l’innocence, de l’espoir et de nombreuses victoires.
« Paolo Conte, Via con Me », de Giorgio Verdelli, présenté à Venise et actuellement en salle, est traversé par la richesse des souvenirs et des sentiments d’un homme qui, à l’âge de 83 ans, a parsemé l’histoire italienne de chefs-d’œuvre absolus de la musique pop.
L’étonnement pour la grandeur de Paolo Conte est la première sensation que vous ressentez dès que les dernières images quittent l’écran. Après avoir écouté des dizaines de fois ses chansons, joués dans le monde entier, vous n’avez qu’une seule envie: embrasser, serrer dans vos bras ce grand-père si intense, fragile, discret et plein d’amour.
Rappelons-les ces chansons. A cet artiste unique, nous devons des chansons comme Azzurro, Insieme a te non ci sto più, Onda su onda, Bartali, Messico e nuvole, Genova per noi, Come di, la Topolino amaranto, Via con me, juste pour en citer qu’un centième de sa production illimitée. Une seule d’entr’elle aurait suffi pour entrer dans l’histoire de la chanson italienne.
Dans le film on découvre aussi que parmi les nombreuses vies de Paolo Conte, il s’avère qu’en plus d’être avocat, il était aussi un excellent vibraphoniste et toujours un excellent peintre.
Dans ce sens, le film de Verdelli est un acte d’amour sans bornes pour l’artiste Conte mais aussi une sorte de témoignage de l’homme Paolo, qui parle avec tendresse de sa femme, de ses amitiés, de ses expériences, de ses faiblesses, comme celle de fumer, la cigarette perpétuellement entre les doigts.
Et vue qu’il n’y a pas de fumée sans feu ce n’est pas par hasard qu’un autre grand fumeur, Andrea Camilleri, définit parfaitement la vie de Paolo Conte en deux mots :
«Il est l’élégance de l’intelligence».

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Rocco Femia, éditeur et journaliste, a fait des études de droit en Italie puis s’est installé en France où il vit depuis 20 ans et où il a effectué une spécialisation en droit.
Il est fondateur et directeur de la publication du magazine RADICI. Il a à son actif plusieurs publications et de nombreuses collaborations avec des journaux italiens et français.
Livres écrits : A cœur ouvert (1994 Nouvelle Cité éditions) Cette Italie qui m'en chante (collectif - 2005 EDITALIE ) Au cœur des racines et des hommes (collectif - 2007 EDITALIE). ITALIENS 150 ans d'émigration en France et ailleurs - 2011 EDITALIE). ITALIENS, quand les émigrés c'était nous (collectif 2013 - Mediabook livre+CD)