Les polémiques sur le football ne cessent d’inonder les pages des journaux italiens. En effet, pour certains, c’est l’occasion d’obtenir un consensus sur le sujet, en attisant le feu du mécontentement. Comme le fait Matteo Renzi. Le pauvre homme est tellement bas dans les sondages (dernier parti en Italie avec 2,4 %) qu’il ne sait plus quoi inventer pour remonter une pente qui se transforme, jour après jour, à une véritable descente aux enfers. Cesare Prandelli, ancien joueur et entraîneur du Calcio, lui répond. Outre le fait d’en savoir plus sur le football que le pauvre « opportuniste », il n’est pas seulement né dans l’une des zones italiennes les plus meurtries par le virus, autour de la ville de Brescia où il a perdu des amis, mais il a aussi entraîné l’Atalanta de Bergame pendant des années. Il est donc aisé de comprendre combien Prendelli est capable interpréter l’état d’âme de ses terres martyrisées. Claire et raisonnable, sa prise de parole se heurte évidemment à des intérêts économiques toujours à la première place dans le foot italien, pas seulement italien d’ailleurs. « Le Calcio va repartir, nous le voulons tous, mais je ne comprends pas cette hâte. Si les contrats glissent un peu de quelques mois, ce n’est pas un problème. Où est le problème si, au lieu de s’entraîner à nouveau début mai, on attend encore 15 ou 20 jours ? Il faut du temps pour assimiler la douleur. Sinon, d’un côté, on compte 500 morts par jour, et dans la pièce à côté, on pense à un spectacle à organiser. Et puis, s’il y a encore des doutes, s’il doit y avoir toutes ces limites, comme les horaires pour les douches et les repas, peut-être que cela veut dire que nous ne sommes pas prêts. Les experts disent-ils qu’une grande partie des régions sera prête à la mi-juin ? Alors attendons jusque-là pour le football. Le foot, c’est vrai, peut faire du bien aux gens, mais il doit d’abord être un moment de joie. » Voilà une leçon simple et claire, surtout pour ceux qui sont en train de papoter pour ramener à la maison un infime et inutile consensus.