« C’est une guerre contre la pauvreté et la misère, comme si être pauvres et sans travail était une faute grave à expier ou un délit à sanctionner. »

Cette phrase est tirée du livre La grande mattanza. Storia della guerra al brigantaggio de Enzo Ciconte, grand spécialiste de la mafia, dont la lecture, même si elle n’est pas toujours évidente en raison des tragédies rapportées, m’a rappelé que l’histoire répète, malheureusement, ses erreurs et ses malheurs. Souvent à cause de la résistance humaine à apprendre de ses erreurs.
Deux images se sont formées dans mon esprit, comme si cette lecture voulait mettre en lumière certains mauvais fruits d’aujourd’hui : la première image est celle du Mezzogiorno, systématiquement attaqué après l’Unité de l’Italie et raconté par Ciconte ; la seconde est la toute récente investiture au ministère de l’Intérieur du léghiste populiste Matteo Salvini.
Dans le livre, on parle du massacre provoqué par les troupes piémontaises dans le Mezzogiorno après l’Unité de l’Italie. Ce sont des choses que l’on sait. Évidemment, Enzo Ciconte ne remet pas en discussion la naissance de l’unité italienne ; il analyse plutôt les épisodes d’extrême violence qui l’ont traversée. Tout cela, nous, Italiens, nous l’avons étudié à l’école (du moins ceux qui y étaient il y a trente ou quarante ans) et, d’une manière ou d’une autre, nos professeurs d’histoire tendaient à le justifier.

Rocco Femia