L’auteur d’origine italienne (et dont c’est le premier recueil sous ce pseudo) nous touche en plein cœur. En quelques pages et mots, il raconte une passion qui ne finit jamais vraiment de brûler.

L’épiphanie est un terme féminin souvent traduit comme la manifestation d’une divinité. La passion amoureuse en est sans doute une forme, qu’elle soit encore brûlante ou éteinte.

« Il y a peu de l’aube à toi
Comme un fruit qui gravite
Autour de son noyau
La chair épaisse des souvenirs
Nous est une distance »

Avec ses mots et sa poésie qui élève les sentiments (amour, haine, passion, tristesse, lassitude,…) Alexis Bardini nous transporte dans un vase clos, notamment celui des nuits interminables.

« La nuit nous fait une chemise
Tu déboutonnes les étoiles »

Il y a aussi les jours qui défilent plus ou moins vite, où « nous brûlons les faux-billets du quotidien » mais où l’esprit n’est occupé que par l’autre.

« Nous savons les mots qui s’ébrèchent
Leur nécessité incomplète
Pour penser un parfum
Car tout prend fin dans l’odeur de ta peau
Dans nos mains qui ne connaissent nulle loi
Et qui désobéissent au silence»

L’amour en poésie sait être impudique et tant mieux. Puis s’amorce la rupture (ou la séparation) et les strophes qui l’annoncent sont magnifiques : « En te fuyant, j’ai effacé ma propre trace ».
Arrivent aussi les regrets : « nous sommes devenus des lignes parallèles ». Le poète doit alors, comme il le dit, « écrire désormais sous la dictée de ton absence ».
« Une épiphanie » n’est pas triste ni nostalgique, il ne torture pas son lecteur mais le plonge dans une douce sensation, celle que l’amour dure toujours et qu’il vaut d’être vécu, présent ou passé.

« Une épiphanie » d’Alexis Bardini, Collection Blanche, Gallimard

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Patrick Noviello est journaliste à France3 Midi-Pyrénées où il est notamment en charge de l’émission de débat « Dimanche en Politique ». Il enseigne à l’Ecole de Journalisme de Toulouse dont il est issu. Il collabore à Radici depuis 2012. Sa dernière conférence théâtralisée « C’est moi c’est l’Italien » aborde, à travers l’histoire de sa famille, les questions liées aux migrations.