Romancier, nouvelliste, biographe et dramaturge, Vincent Engel est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux auteurs en Belgique francophone. La revue RADICI lui donne carte blanche.

Il y a tellement de choses – et particulièrement en art – qu’on ne découvre jamais tout à fait dans l’innocence et la naïveté. Avant même d’entendre pour la première fois la Neuvième de Beethoven, sur disque ou dans une salle, nous l’avons tous déjà entendue, d’une manière ou d’une autre. C’est vrai pour la plupart des chefs-d’œuvre qui composent notre culture ; notre premier contact conscient avec eux est précédé par un long travail de préparation, des préalables qui nous mettent en appétit, sans doute, mais qui entament notre virginité. Quand enfin, la rencontre se produit, la déception ou l’émerveillement peuvent tout aussi bien être au rendez-vous ; quand on se retrouve face à la Joconde, on se surprend à la trouver très petite et beaucoup trop courtisée par des cohortes de touristes ; mais lorsqu’on débouche face à Guernica, à Madrid, on a le souffle coupé.

Vincent Engel